L'impasse électorale et le projet anarchiste

Le mythe du droit de vote comme une liberté chèrement
conquise au fil des siècles doit être combattu, car la réalité est
presque inverse. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui, lassés
des politiques antisociales mises en oeuvre par les
gouvernements successifs, n'ont plus l'espoir d'un quelconque
changement par le vote. Pourtant, le discours citoyenniste qui
souligne l'importance du vote en tant que "devoir civique",
conduit invariablement à mener le peuple aux urnes afin qu'il
réaffirme sa soumission électorale.
La délégation de pouvoir propre à la démocratie
parlementaire revient à admettre des chefs, accepter la
soumission et oublier que personne n'est mieux placé que nous
pour gérer notre propre vie.
C'est pourquoi les anarchistes ne se présentent pas à
ces élections et vous invitent régulièrement à les boycotter.
Le passé récent l'a bien montré : les élections
présidentielles en 2002, suivies de la victoire de la gauche
aux régionales de 2004 et le "non" au référendum de 2005
n'ont en rien modifié l'état des rapports de forces sociaux.
Le Patronat et l'Etat se soucient bien peu du résultat de ces
échéances. En revanche ils s'inquiètent du score de
l'abstention, significative à leurs yeux d'une population
incontrôlable.
Les anarchistes ont mieux à proposer : la construction d'une
société où nous pourrons tous agir pour prendre en main
collectivement notre avenir. Il nous faut repenser notre
organisation sociale et rapprocher les prises de décision des
individus concernés, en prenant en compte la décroissance.
Les anarchistes défendent l'idée d'une représentation des
travailleurs et des citoyens basée sur la démocratie directe, mise
en place par le fédéralisme autogestionnaire et le principe du
mandatement impératif et révocable.
C'est le seul moyen de se réapproprier notre propre
existence, la meilleure façon de remettre à l'endroit un système
qui bénéficie aujourd'hui à une minorité de la caste capitaliste et
étatique, au détriment de la majorité de la
population et des travailleurs. Plutôt qu'élire, il nous
faut donc plus que jamais agir.