Histoire & mesure, n° 24-1

Ce numéro d' Histoire & Mesure , deuxième volet d'une thématique consacrée à l'Art et à la
mesure, s'attache à mesurer l'environnement de la production artistique. À travers l'étude du
milieu des critiques d'art contemporain, P. François et V. Chartrain s'intéressent au suivi de leur
carrière, souvent tiraillée entre leur métier et leur propre vocation littéraire. Deux autres articles
s'appuient sur l'analyse des réseaux pour étudier l'institutionnalisation du monde de l'art : le
premier (B.-O. Dozo) montre comment les liens tissés entre les animateurs de la vie littéraire
francophone en Belgique contribuent à faire de ce milieu un sous-champ de la littérature belge,
le second (K. Hamou) analyse, à travers la pratique du featuring , l'émergence et la stabilisation
d'un monde social du rap en France. Un quatrième porte sur les savoirs et les savoir-faire de la
construction du bâti dans la France médiévale (M. Wolfe), s'interrogeant sur les rapports entre
les différentes strates de l'histoire des sciences, sur la variété et pesanteur des pratiques héritées
du passé dans l'architecture et la conception de la construction des agglomérations, sur les
apports des artistes et, enfin, sur la tendance à la rationalisation dont font preuve des pouvoirs
publics au pouvoir croissant.
Le premier des trois articles (M. Brejon de Lavergnée) de Varia centre son objet sur l'étude d'un
milieu social, les congrégations du début du XIX<sup>e</sup> siècle ; il s'agit moins ici de voir comment ce
milieu se constitue, que de tenter de le «déconstruire», en montrant, grâce à l'analyse relationnelle,
son hétérogénéité et comment il a pu servir à des stratégies diverses (d'ordre politiques
ou professionnelles). T. Jaulin porte son attention sur le rôle joué par les émigrés et leur statut
dans l'élaboration du Pacte national libanais, en insistant sur le rôle essentiel des statistiques
démographiques dans l'élaboration du compromis socio-politique. Sur ce thème de l'usage de
la mesure, Y. Rumpala se penche sur la question du développement durable et sur la construction
de ses indicateurs, montrant en quoi cette démarche, éminemment politique, conduit à de
nombreux allers-retours entre connaissance et action publique et à des modifications dans la
production des données chiffrées.