Jeunesses engagées

Une enquête récente le confirme : «S'ils critiquent
au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25
ans s'engagent plus volontiers dans un militantisme
de terrain : manifestations, associations, solidarités
locales...»
En moins de dix ans, on a connu les émeutes des
banlieues, les grèves étudiantes contre le CPE ou la
LRU, les manifestations lycéennes, les mobilisations
des «indignés», «Égoïstes» ces étudiants qui
manifestent pour les retraites ? «Indifférents» ces
lycéens qui prennent la rue pour défendre les sanspapiers
?
En face, les pouvoirs publics, les institutions,
oscillent entre crainte et mépris, manifestant leur
méconnaissance de cet «espace» générationnel.
Face aux manifestations lycéennes ou étudiantes,
les pouvoirs en place restent circonspects, personne
ne sachant vraiment comment ce type de mouvement
social peut évoluer, se développer et mettre à mal les
politiques.
«Les jeunes s'engagent-ils ?», continuent pourtant
à demander les décideurs publics, les professionnels
de la jeunesse, les responsables politiques, syndicaux
et associatifs, les sondages.
Ces discours témoignent d'une méconnaissance
et d'une incompréhension des choix et des pratiques
d'action des jeunes.
Sans prétendre à l'exhaustivité, l'ouvrage s'intéresse
à la diversité des engagements des jeunes. Il s'attache
à saisir les formes actuelles de leur engagement en
s'intéressant aux espaces au sein desquels elles
se déploient : les collectifs, les protestations et les
dispositifs d'action publique.
De l'engagement des «jeunes des cités» à ceux
de l'UMP, l'ouvrage propose un panorama, parfois
déroutant, de cet engagement au moment où
Le Monde titre «La jeunesse française rêve d'en
découdre», et alors que 61 % des jeunes ont répondu
positivement à la question : «Est-ce que tu participerais
à un mouvement de révolte type Mai 68, demain ou
dans les prochains mois ?»
Un livre polyphonique qui décrypte une réalité
contradictoire et mouvante.