Vivre et dire sa psychose

Cet ouvrage donne la parole aux patients psychotiques à partir d'une
enquête en sciences sociales réalisée par des praticiens d'une équipe
de santé mentale. Il offre un regard inédit sur le monde de la folie : des
patients racontent leur maladie et leurs soins, et des psychiatres les
découvrent autrement.
Comment, et à partir de quoi, se forme l'expérience subjective de la
maladie ? Quelles sont les diverses théories étiologiques auxquelles se
réfèrent les patients ? Quelles sont les représentations qui interviennent
dans l'adhésion aux soins et comment interviennent-elles ?
Qu'est-ce qui fait qu'un patient devient moins étranger à un médecin ?
Certains lecteurs seront peut-être curieux d'évaluer l'écart entre la
maladie telle qu'éprouvée par le malade dans son discours profane et
la maladie décrite à travers le discours médical. Les médecins accepteront-ils
de s'éloigner de leurs références habituelles pour accéder aux
modèles explicatifs de leurs patients ? La relation soignant-soigné
peut-elle se conceptualiser comme une transaction entre les modèles
de l'un et de l'autre comme cela a été tenté à propos du sida ?
Ceux qui ont une fibre militante se demanderont sans doute pourquoi
les collectifs d'usagers ne sont pas plus nombreux, alors même qu'ils
pourraient modifier certaines représentations sociales des maladies
mentales aussi bien dans le grand public que chez les soignants. Par
ailleurs, quelle est la place des actions d'information et d'éducation
sanitaire qui, à l'évidence, ont pour objectif de modifier les représentations
des personnes, invitées à abandonner certaines croyances pour
un savoir scientifique ?