Violence conjugale : missions et finalités concrètes de l'intervention pénale

Face à l'ampleur révélée d'un phénomène de violence conjugale
longtemps dénié, la France adopte en 1992 une loi qui est
rapidement et largement appliquée.
L'analyse quantitative de sa mise en oeuvre par un grand
tribunal identifie la population concernée et le fonctionnement
du système pénal. Le parquet contrôle son alimentation en
sélectionnant la matière qu'il enregistre selon ses propres
critères. Il traite une partie des affaires par des procédures
alternatives qui amplifient le rayon d'action du système
judiciaire. Seule une petite partie de ces affaires est jugée.
Certains critères relèvent du droit : la gravité des blessures
infligées et l'existence d'agressions antérieures ; d'autres
illustrent l'importance accordée aux problèmes d'alcool des
auteurs, avant qu'une loi de 2007 n'incrimine ce facteur.
L'analyse qualitative porte sur des conflits dans des couples
où des violences se répètent. Elle décrit quelques situations
particulièrement à risque. Près de la moitié de ces conflits
implique des auteurs qui boivent beaucoup et régulièrement.
D'où l'intérêt d'intervenir par des injonctions thérapeutiques qui
orientent vers des conseils brefs ou des interventions brèves.
Les pays anglo-saxons confrontés à l'afflux des faits commis
n'en traitent qu'une infime partie, s'efforçant d'externaliser leur
traitement vers d'autres institutions. Face au même problème,
la France choisit d'innover pour accroître ses capacités de
traitement judiciaire, quitte à déléguer certaines attributions.