Sans-papiers et impôts : pourquoi et comment déclarer ses revenus

Remplir une déclaration de revenus est une démarche que les personnes
«sans papiers» (ou sans autorisation de travail) ignorent souvent qu'elles
peuvent, et même doivent, accomplir.
Comment procéder, d'ailleurs, lorsqu'on a travaillé sans être déclaré, ou
sous un nom d'emprunt, voire complètement «au noir», qu'on n'a pas de
bulletins de paie et que les salaires ont été réglés en espèces ? Pourtant, il
s'agit là d'une démarche importante pour de nombreuses raisons.
Paradoxalement, lors d'une demande de régularisation, les préfectures
examinent si les intéressées se sont acquittées de leurs obligations fiscales.
Elles agissent de même lors d'une demande de nationalité française...
Par ailleurs, l'avis d'impôt, qui est délivré après dépôt et enregistrement
de la déclaration de revenus, est un véritable sésame, tant pour justifier
de sa présence sur le territoire que pour accéder à de nombreux droits et
prestations.
Déclarer ses revenus est enfin pour les sans-papiers une revendication de
reconnaissance de leur existence et de leur rôle socio-économique dans le pays
où ils et elles ont établi leur résidence.
C'est l'objet de la lutte que mène le collectif «contre le racket des cotisations
des travailleurs sans papiers» - dont font partie le syndicat Solidaires
Finances publiques et le Gisti - qui veut dénoncer la clandestinité et l'absence
d'accès à la plupart des droits sociaux dans lesquels sont placées des
personnes qui pourtant paient cotisations sociales, taxes... et impôts !
La présente note expose l'essentiel de la réglementation concernant la fiscalité
susceptible de s'appliquer aux sans-papiers, explique pas à pas comment ils
et elles doivent remplir leur déclaration de revenus, et comment éviter des
refus d'enregistrement de celle-ci.
Ainsi, y trouveront certainement une aide précieuse bien des personnes
vivant, bien qu'en séjour régulier, en situation de précarité en matière de
logement, d'emploi, ou d'accès à divers droits.