Politique des transports : l'heure des métropoles

Si la nécessité de maintenir, même d'accroître, l'attractivité économique
de la Suisse et des cantons ne semble guère contestée, les décideurs
peinent à en tirer les conclusions qui s'imposent dans le domaine
des infrastructures de transport. C'est ainsi que la Confédération n'a eu
de cesse, depuis 1990, de privilégier le transport par rail sur l'axe nord-sud
en investissant des milliards dans le «gouffre ferroviaire» du
Gothard, pour un résultat que l'on qualifiera, par goût de l'euphémisme,
de mitigé.
Dès lors que le Parlement fédéral devra se prononcer d'ici peu sur les
budgets consacrés aux principales infrastructures de transport terrestre
pour les vingt prochaines années, le moment semble bien choisi d'intervenir
dans un débat trop souvent biaisé par le poids de l'idéologie. C'est
ainsi avant tout sur la base des besoins actuels et futurs, tant des particuliers
que des entreprises, que les priorités doivent être fixées. Il n'est
donc plus possible d'occulter certaines réalités, à commencer par le fait
que le trafic routier continuera à augmenter. L'opposition dogmatique
entre la route et le rail doit impérativement être abandonnée au profit
d'une politique reconnaissant la complémentarité de ces modes de
transport. Il est aussi nécessaire de tenir compte du phénomène de
«métropolisation» qui tend à réduire le poids économique et démographique
des villes au profit d'espaces plus étendus, au sein desquels il y
a lieu de concentrer les investissements en matière d'infrastructures de
transport. La priorité doit donc être accordée aux métropoles, en particulier
aux métropoles lémanique et zurichoise, situées sur l'axe est-ouest
qui absorbe l'essentiel du trafic, tant routier que ferroviaire.
C'est dans cette optique que l'auteur formule plusieurs propositions
après avoir dressé un panorama détaillé de la politique suisse des transports
et des enjeux qui y sont liés.