Hermann Goering : le deuxième homme du IIIe Reich

Il n'existe aucune biographie française de Hermann Goering, qui est
pourtant le deuxième personnage du III<sup>e</sup> Reich. Voici donc, grâce à une
abondante documentation allemande, anglaise, américaine et suédoise,
ainsi qu'à l'interview de témoins tels que l'aide de camp d'Adolf Hitler,
le régime national-socialiste revisité au travers d'un personnage démesuré
- à tous les sens du mot.
Au début des années vingt, le capitaine Goering est un authentique
héros de guerre, abondamment décoré et extrêmement populaire, patriote,
entreprenant, doté d'une grande intelligence et d'un charisme indéniable.
Il va chercher fortune en Suède, où il trouvera un emploi de pilote de ligne
et l'amour de sa vie.
Le début d'un conte de fées ? Non : le commencement d'un long cauchemar,
car ce vétéran orgueilleux, ambitieux, influençable et cyclothymique est
attiré par la politique et impatient d'y jouer un rôle. Or, à l'automne 1922,
il rencontre Adolf Hitler et, dans son ombre, il va cumuler les emplois :
comploteur de taverne, putschiste improvisé, militant errant, chômeur
morphinomane, homme d'affaires talentueux, dandy corpulent, orateur
tonitruant, député mercenaire, président du Reichstag conquérant,
ministre de l'Intérieur sans scrupules, président du Conseil arriviste,
truand confirmé, criminel d'occasion, ministre de l'Air étincelant, parvenu
millionnaire, chasseur d'élite, stratège de salon, économiste amateur,
écologiste avant l'heure, collectionneur d'art compulsif et complice de tous
les crimes commis par son maître...
C'est comme maréchal, commandant en chef de l'aviation allemande et
successeur désigné du Führer que Goering entre à reculons dans la grande
tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, depuis Dunkerque
jusqu'à Stalingrad, il ne cessera de multiplier les erreurs et jouera un rôle
de premier plan dans la chute du régime nazi. Tel est ce monument de
contradictions que François Kersaudy nous invite à visiter.