La périphérie du fascisme : spécification d'un modèle fasciste au sein des sociétés agraires, le cas de l'Europe centrale entre les deux guerres

Depuis la fin de la guerre froide et la levée des tabous couvrant
l'entre-deux-guerres, une demande de clarification sur les droites anti-communistes
s'est fait jour, notamment dans leur rôle à l'égard de l'extermination
juive durant la guerre, dans l'impact des élites intellectuelles
concernant la formation de l'idéologie radicale et dans le poids acquis au
sein des sociétés par ces mouvements. Ce colloque européen sur les fascismes
de cette région compare ces synthèses idéologiques originales
entre le fascisme moderne et athée dominé par les chefs populistes et charismatiques
de l'Italie et surtout de l'Allemagne industrielles et urbanisées,
et les traditions militaristes aristocratiques - en Hongrie -, fondamentalistes
orthodoxes - en Roumanie - et régionalistes slovaques - en
Tchécoslovaquie. Le travail théorique a parfois entraîné la jeune génération
intellectuelle, surtout en Roumanie : fallait-il stabiliser la société
autour d'une radicalisation des valeurs religieuses, agraires et autochtonistes
- Eliade -, ou bien imposer par la force une modernisation brutale
pour retrouver le cours majeur de l'histoire européenne - Cioran ? Sur le
plan politique, les participants étudient la promotion des mouvements fascistes
durant la crise multiforme des années trente et la dispute autour du
pouvoir avec les conservateurs traditionnels. Ces derniers adoptèrent eux-mêmes
le style mobilisateur et durcirent leur autoritarisme contre la
gauche, contre les partis démocratiques, mais surtout contre les fascistes
menaçants. Ceux-ci les concurrençaient à droite avec l'appui de plus en
plus massif de classes populaires en crise et d'Etats fascistes à la
recherche de leviers d'influence. Si en Hongrie Szálasi fut simplement
emprisonné, le Croate Pavelic dut s'exiler en Italie et le Roumain
Codreanu fut assassiné.