Trésors monétaires. Vol. 21. Le dépôt de 22.438 monnaies du Gué Saint-Léonard (Mayenne)

Trésors monétaires. Vol. 21. Le dépôt de 22.438 monnaies du Gué Saint-Léonard (Mayenne)

Trésors monétaires. Vol. 21. Le dépôt de 22.438 monnaies du Gué Saint-Léonard (Mayenne)
2005192 pagesISBN 9782717722895
Format: BrochéLangue : Français

En 1863, des travaux d'approfondissement du lit de la Mayenne furent entrepris

près du lieu-dit «gué de Saint-Léonard», non loin de la ville de Mayenne. Ce gué, qui

dans l'Antiquité permettait aux voyageurs qui se rendaient de Jublains à Avranches de

traverser la Mayenne, livra alors une masse considérable de monnaies : 10 641 en 1864,

quelque 16 000 en 1865. Chedeau et de Sarcus donnèrent, dès 1865, un inventaire précis

du premier lot, mais la publication annoncée du deuxième lot ne vit jamais le jour.

Si, un siècle plus tard, certaines séries particulières firent l'objet d'études (par

J.-B. Giard et D. Mac Dowall), l'ensemble demeurait largement inédit. Grâce à la

persévérance de G. Aubin d'abord, puis de P.-A. Besombes, les monnaies conservées au

musée de Mayenne furent déposées pour étude au Cabinet des médailles en 1997.

P.-A. Besombes s'attela à la tâche ingrate de classer les 22 438 monnaies restantes,

total remarquable si l'on veut bien considérer leur date de découverte. Plus de

4 000 monnaies manquent certes à l'appel, mais 130 années séparent la date de

découverte de celle du dépôt au Cabinet. Les déménagements, les guerres, quelques

«prélèvements», des monnaies peut-être mises au rebut tant elles étaient illisibles,

expliquent sans doute ce différentiel. Cependant la ville de Mayenne a préservé

l'essentiel de son patrimoine.

P.-A. Besombes, tout au long de son étude, s'emploie à définir la nature de ce

dépôt, accumulation d'offrandes dédiées aux eaux de la Mayenne. De constitution

relativement tardive (le numéraire gaulois en est presque totalement absent), il est

marqué par la présence massive de monnaies d'Auguste (près de 30 % de l'ensemble)

et de Claude I<sup>er</sup> (près de 39 %). La rupture dans l'approvisionnement débute à partir du

règne de Trajan. Le formidable ensemble de monnaies de Claude I<sup>er</sup> a permis à l'auteur

de proposer, dès 2001, dans un article paru dans la Revue numismatique , un nouveau

classement du monnayage de bronze de cet empereur. À côté de ces monnaies

officielles, les imitations sont nombreuses. Les analyses métallographiques réalisées par

le Centre Ernest Babelon à Orléans montrent que les as imités contiennent du zinc.

Certes la teneur n'est pas très élevée, toutefois assez significative pour penser que les

faussaires ne refondaient pas le numéraire officiel, mais avaient leurs propres sources

d'approvisionnement.

Selon l'auteur, ce dépôt a été constitué au fil des ans dans un environnement

militaire. L'hypothèse d'une présence de l'armée à Jublains pourrait être renforcée par

la frappe ou le poinçonnage de centaines de contremarques diverses, dont le lien avec

l'armée est établi depuis longtemps.

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