Le bonheur de Sophie

«...J'avais déjà assez à faire pour gérer mon propre bagage
baudelairien, et ce jour-là plus que les autres, le ciel bas et lourd
pesait comme un couvercle. La femme dont j'étais tombé amoureux
m'avait renvoyé dans mes 22, comme un vieux joueur de rugby
éconduit, bon pour la casse, un gros balourd maladroit qui
n'avait su toucher son coeur. J'en crevais de tristesse...».
Le narrateur, écrivain dont on ne connaîtra pas l'identité -
ce qui contribue à lui conférer une figure universelle -,
souffre : la belle Sophie, artiste peintre et sculptrice, ne
veut plus de lui. Alors, il livre sa douleur, ses interrogations
et ses regrets, les jetant sur le papier... Le Bonheur de
Sophie explore la nature humaine et le thème de l'amour
éconduit, lui donnant une résonance particulière : la
relation à l'autre envisagée comme moteur artistique et...
égotiste. Mais attention, ce roman n'est pas ce qu'il semble
être, l'insolite étant au rendez-vous, et qui sait, le bonheur
aussi, peut-être. Pierre Léoutre en étonnera plus d'un dans
ce livre qui reprend le personnage principal de L'Angoisse
du sniper.
Un beau texte intimiste au rythme soutenu, à la plume
vive et imagée.