La vie au pays basque au temps de Napoléon III et d'Eugénie

Le caprice d'une souveraine, un jour des années 1850, va faire de
Biarritz une plage à la mode " la reine des plages, la plage des Reines ", d'une
bourgade de pêcheurs le rendez-vous des rois. Ces pécheurs sont des
Basques. Leur petit port est frère d'autres ports égrenés jusqu'à Bilbao,
le long du golfe de Gascogne, où l'on se souvient des baleines et où la
vie maritime obéit pareillement aux lois des confréries...
Parisiens et Madrilènes, en calèche, s'aventurent au coeur des
montagnes basques, y prennent les eaux, y chassent parfois la palombe
derrière les grands filets séculaires.
Ces montagnes appartiennent à des pasteurs qui parlent la même
langue, opposent au pouvoir central la même méfiance, habitués depuis
toujours à se gouverner selon les plus purs principes démocratiques.
Qui mettent le même sérieux à la danse et à la prière, la même gaieté au
travail et au jeu de pelote...
Ce peuple, durant deux décennies, découvre le chemin de fer,
l'industrie, le capitalisme, mais résiste encore à la conscription et au
partage successoral, élève la contrebande au rang d'entreprise
commerciale, s'expatrie plus que jamais. Persistant dans sa mentalité
profonde, il s'ouvre à la conscience nationale et n'en finira plus
d'affirmer son particularisme.