Antoine Favre : le regard et la mémoire

Antoine Favre vécut à une période tourmentée de l'histoire valaisanne,
particulièrement dans la décennie 1840-1860 ; il y participe de façon active,
prenant partie pour le renouveau démocratique réalisé en 1839 - 1840.
D'abord jeune président d'Evolène, il va occuper durant une vingtaine
d'années plusieurs fonctions importantes dans le district d'Hérens.
Ce parcours est le fondement historique du livre écrit un siècle et demi
plus tard par son arrière-arrière-petit-fils.
Mais le texte respire surtout par la dimension littéraire : une écriture,
non pas inspirée, mais travaillée, fécondée par la personnalité d'Antoine
Favre qui appelle une réflexion de mémoire et d'imagination. Sa psychologie,
nous la pressentons riche de persévérance, de ferveur et de questionnement
intérieur : une nature en réalité complexe, qui trouve pourtant toujours un
point de référence pour la conduite de ses mandats et la communication
politique : à la convergence de la conviction et de la stratégie.
Dans sa commune, 4 ou 5 générations après son décès en 1887, on sait encore
que le «notaire Favre» y eut une activité citoyenne rayonnante. Nous
pouvons ainsi lui faire dire ce message posthume :
Je resterai ici
Dans mon pays
Celui que j'étais.
Après un recueil de poèmes publié en 1987, Henri Maître écrit une douzaine
d'ouvrages, des textes à trajectoire historique, mais fondés essentiellement
sur les valeurs culturelles et dans la perspective d'une recherche
identitaire : avec une attention particulière portée à la «manière d'écrire»,
qui donne à l'information des qualités littéraires. Dans «Le regard et la mémoire»
se retrouvent en convergence l'histoire, la civilisation et la poésie.
Il a également tenu de nombreuses chroniques culturelles dans des journaux
et des revues ; il est actuellement retraité de l'enseignement secondaire.