Le fou blanc

«Le Dzeuzé», s'est pendu dans sa cuisine,
Blaise s'est mis une balle dans le ventre en
chassant les rongeurs dans sa grange,
Philomène s'est rompu le cou en tombant
dans l'escalier de son grenier. Deux vieillards
meurent ensemble à l'hospice.
Cela n'émeut pas plus la médecine que la
maréchaussée. Mais Paul Martin, qui ne croit ni
au suicide, ni à la fatalité, ni aux coïncidences,
enquête et se retrouve en proie aux attaques
de l'hiver et de ses ennemis.
«La voiture devait circuler en veilleuses, je n'ai
pas vu de phares. Au milieu de la rue, j'ai
entendu la voix de Cécile qui criait "Attention !",
puis je me suis senti poussé dans le dos. En
tombant j'ai entendu un choc sourd et le bruit
d'un moteur qui s'emballait. J'ai ramassé une de
mes béquilles et me suis relevé. Il n'y a plus rien
dans la rue, rien que le corps de Cécile,
recroquevillé et immobile contre le trottoir.
Je me précipite autant que je le peux. Babet
qui, depuis sa porte, semble avoir tout vu, me
rattrape en hurlant avant que je ne parvienne
auprès de la blessée.»