Mémoire de plume. Le pied d'albâtre aux ongles carmin

Au pied de la blanche statue de la Vierge repose un
fidèle ami.
Et de cette douloureuse absence naît un chant
poétique intense que l'auteur nous offre en partage.
L'auteur est un «voyageur imprudent», le narrateur
un stylo Mont-Blanc.
«Madeleine chercha dans son sac et en extirpa mon stylo. Ce fut comme
un soulagement quand je le vis apparaître ; je le pris avec une joie à peine
dissimulée et lui tendis le sien qu'elle sembla récupérer avec une certaine
satisfaction. Après la restitution des otages, elle signa le bon à tirer non sans
avoir vérifié l'ensemble du travail.»
Plusieurs récits s'entrecroisent, tel un chassé-croisé amoureux. La
narration à deux voix - celle de la plume et celle d'Edgar, le protagoniste
- est une mise en abîme du mythe de la création artistique. Nous sommes
en première ligne face à la «lutte» de l'écrivain avec ses personnages,
une bataille qui n'est jamais gagnée d'avance, un tumultueux voyage au
coeur de la tempête inspiratrice.
Edgar est un Ulysse du quotidien, répondant à l'invitation envoûtante
des sirènes de l'écriture, quel qu'en soit le prix à payer.
Le pied d'albâtre aux ongles carmin
«Depuis que cette femme avait, par son pied, accaparé mon regard, elle avait
dans le même temps emprisonné mon esprit.»
Fantasme ? Fétichisme ? Rêverie amoureuse ?
À la manière de Dante chantant en vers sa Béatrice, l'auteur nous dépeint
le manque, la beauté et l'amour aussi. Une promenade romantique, un
songe d'une nuit d'été sur une plage de Normandie...
Ami lecteur prends garde à toi car cette double «ode-yssée» te séduira.