Le privilège de Simone de Beauvoir : essai. Une mort douce

A l'heure où l'on célèbre le centenaire de Simone
de Beauvoir, Geneviève Fraisse évoque le parcours
de celle qui se voyait en "correspondante
de guerre" au coeur de l'histoire philosophique,
politique et littéraire.
Comment Simone de Beauvoir, qui use si souvent
du mot de "privilège", place-t-elle son désir de
connaître et de se connaître au coeur du privilège
de la pensée que le XX<sup>e</sup> siècle lui a accordé ? Formidable
espace que celui de la femme savante,
pensante, tout éblouie par ces lumières intellectuelles
offertes, enfin sans limites, au sexe féminin.
Pourquoi se pose-t-elle alors la question du
deuxième sexe, de l'autre sexe ? Pourquoi, surtout,
introduit-elle l'idée d'un "devenir" de la
femme, d'une histoire peut-être, qui produirait
enfin un écart après tant de siècles répétitifs ?
Commémorer une grande figure, telle Simone
de Beauvoir, n'est pas une affaire d'héritage
ou de transmission dans le cadre d'une histoire
des femmes, encore fragile, trop peu légitime.
Il s'agit, plus sûrement, de découvrir la possibilité
d'une appropriation ; il ne faut pas recevoir,
mais prendre.