Daisy Miller. Les ailes de la colombe. Les ambassadeurs

Henry James (1843-1916) s'impose aujourd'hui comme l'un
des quelques maîtres qui ont renouvelé le roman au cours des
cent dernières années. À la recherche, comme Rimbaud ou
Proust, de la «vraie vie», il ne voit de salut que dans l'intensité
intérieure, dans la liberté et l'authenticité des consciences, dont
il révèle avec une acuité inégalée la complexité mouvante, le
cheminement imperceptible, la prise de distance à l'égard d'une
société mortifère. Accueillir la richesse du monde, prolonger la
magie des rencontres heureuses, aimer pour rien : voilà l'invitation
passionnée d'un romancier dont on n'évoque trop souvent que
l'exceptionnelle maîtrise de l'art du récit.
La nouvelle et les deux romans réunis ici illustrent tous trois le
«thème international» de James : l'Amérique y rencontre l'Europe.
L'action se déroule dans ces lieux envoûtants que représentaient
pour l'artiste les métropoles de la culture : Rome, Paris, Londres,
Venise. De la simplicité de Daisy Miller , courte histoire aussi frêle
que fraîche, qui assura la renommée de l'écrivain, à la virtuosité
technique des romans, le lecteur pourra suivre l'affirmation
éclatante d'un talent. James considérait Les Ambassadeurs comme
son oeuvre la plus réussie, et le livre a effectivement pris place
sur le même rayon qu' À la recherche du temps perdu de Proust
ou Ulysse de Joyce. Mais sur ce prestigieux rayon figurent aussi
Les Ailes de la colombe , dont la richesse symbolique - empruntée à
la Bible, à Tristan et Yseut... - séduira peut-être davantage encore.