Le contentieux de l'élection des députés en France et en Egypte

Le contentieux de l'élection des députés, en France ou en
Égypte, ne se limite pas aux recours dont l'objet est de faire trancher
la question de la régularité et de la sincérité des opérations électorales.
Nous proposons de dégager de la masse des décisions jurisprudentielles,
les principes dominants du contentieux électoral et de
présenter une synthèse des résultats acquis dans l'état actuel de droit
positif de chaque pays. Celle-ci fera apparaître que certaines solutions
peuvent surprendre.
Par exemple, le juge électoral français applique ce qu'il est
convenu d'appeler «le principe de réciprocité» en s'abstenant
d'annuler une élection quand le candidat proclamé élu et son adversaire
ont commis des excès analogues. Le juge électoral égyptien
confirme l'éligibilité des candidats condamnés dans des infractions
très graves, mais avec sursis, malgré son doute sur la constitutionnalité
de l'article 2 de la loi sur l'exercice des droits politiques.
La jurisprudence électorale révèle et sanction les agissements
frauduleux, les tentatives d'intimidation ou de pression : forçage des
urnes, nombre de votants supérieur au nombre d'électeurs, vote
d'électeurs absents ou décédés... Si de telles pratiques devenues
exceptionnelles en France, elles sont en revanche très répandues en
Égypte. Le rôle du juge électoral est indispensable pour donner
confiance aux citoyens dans le respect des règles, condition de la
démocratie. Sa jurisprudence suggère les réformes indispensables. Il
est la garantie d'une lutte effective contre la fraude électorale.