La cana e lo destre : essai de métrologie des pays occitans de la préhistoire au XVIIIe siècle

Le point de départ de cette étude est le Traité d'arpentage de Bertran Boysset
(vers 1345-1415). Ce texte des premières années du XV<sup>e</sup> siècle, enraciné à
Arles, rédigé en langue occitane, est riche de contenu et fort intéressant en
lui-même. De cet ancrage local, Magdeleine Motte a étendu ses recherches
à une aire beaucoup plus vaste.
Le domaine occitano-catalan constitue une entité caractérisée par bien
des traits culturels spécifiques - sur le plan linguistique, ethnographique, etc.
- renforcés par une large histoire commune. Une démarche légitime était
de voir ce qu'il en était dans le domaine de la métrologie. Couvrant tout cet
espace géographique, Magdeleine Motte en a dégagé les spécificités.
Ce seul point aurait, à lui seul, justifié l'existence de son travail. Mais elle
a su aller plus loin, beaucoup plus loin encore. Dans bien des domaines
les spécialistes ont montré que la culture occitano-catalane a ses racines
dans l'Antiquité grecque et latine et, au-delà, dans les civilisations qui l'ont
nourrie - en amont, (Égypte, Orient) et en aval, au Moyen Âge (monde
musulman). Ces mêmes spécialistes ont révélé aussi ce que le monde
occitano-catalan doit à la préhistoire, préhistoire si riche sur ce territoire
où se trouvent tant de grottes ornées et de monuments mégalithiques.
Ce sont toutes ces sources que Magdeleine Motte a mis au jour dans la
métrologie traditionnelle de cet espace.