Mémoires pour servir à l'histoire de la vie d'Agrippa d'Aubigné

À sa mort, au mois de mai 1630, Agrippa d'Aubigné
entra dans une période d'oubli relatif, dont il sortira à
l'autre extrémité du XVII<sup>e</sup> siècle, de manière inattendue :
grâce à sa petite-fille, Françoise, marquise de Maintenon.
Celle-ci cherchait à asseoir sur les meilleures bases la
noblesse contestable et contestée de sa famille. Elle prit
l'initiative de faire rédiger la première biographie jamais
consacrée à ce grand-père qu'elle n'a jamais connu, à la
fois admirable et encombrant, les Mémoires pour servir à
l'histoire de la vie d'Agrippa d'Aubigné , palimpseste de
l' Histoire Universelle , qui négligent le poète, le polémiste,
mais exaltent le courtisan, le guerrier, l'homme d'action,
le serviteur de la monarchie en général et de la dynastie
des Bourbons en particulier. Composés selon un point de
vue catholique, après la Révocation de l'Édit de Nantes,
demeurés manuscrits jusqu'à ce jour, les Mémoires campent
une image «officielle» d'Agrippa, conforme aux
voeux de sa descendante, et, s'ils sont à bien des égards
une falsification de l'Histoire, ils n'en constituent pas
moins un jalon capital dans l'élaboration du «mythe personnel»
et dans la réception de l'oeuvre.