Sentiment amoureux et conjugalité violente : du meilleur au pire

On entend dire ici et là que, dans la conjugalité violente, la nature du lien qui unit les
partenaires est différente de l'amour. Les personnes qui y sont confrontées ne sont-elles
pas sous emprise, aliénées ? Peut-être même qu'«elles aiment ça» comme on
l'entend dire parfois... Cet imaginaire collectif dénie le caractère amoureux de la
relation, parce que dérangeant probablement. Et si on s'autorisait à penser le lien par
le prisme de ce sentiment, que pourrait-on découvrir ?
C'est ce que partagent avec nous six femmes : Lise, Manon, Amel, Sarah, Edith
et Carole qui ont accepté de témoigner et d'analyser leur histoire sentimentale. Elles
ont aimé, souffert et, malgré les atteintes psychologiques, ont développé des stratégies
de dégagement. De l'éclosion du sentiment amoureux au détachement, puis à la
séparation et ses conséquences, elles parlent du meilleur et surtout du pire.
Ce faisant, elles nous livrent des clés de compréhension des impératifs psychiques
inhérents à la relation affective, de ses réaménagements au fil du temps et du sens,
toujours subjectif, qui lui est attribué. Sont exposées les «bonnes et moins bonnes»
raisons à vivre en couple, de même que les ressources mobilisées si vient le temps
de trouver une autre issue. Se dessinent alors des pistes pour un accompagnement
social, psychologique, voire juridique, soucieux de valider les choix et cheminements
de chacun.