Ici commence l'Ailleurs

Francesca Weber Zucconi
Ici commence l'Ailleurs
Ici commence l'Ailleurs marie le style précieux et souvent baroque d'une poésie cultivée et la voix sauvage et violente de nos improvisatrices, ces voceratrices primitives dont l'art pouvait atteindre au sublime...
Vigie en alerte, sentinelle des lointains, Francesca Weber Zucconi campe à la frontière de deux mondes : le visible et l'invisible, le connu et l'inconnu, l'Ici et l'Ailleurs. L'Ici, la Corse, est le Lieu du culte. Francesca s'érige en gardienne du Temple et malheur à qui profane et trahit sa terre, malheur à ceux qui la bradent, la saccagent, l'incendient ! La prêtresse se mue en impitoyable imprécatrice maudissant spéculateurs, « barrageurs », incendiaires.
Elle appartient à la famille nervalienne des « Filles du feu ». Avec elle nous franchissons « ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible ». Soeur de Sylvie et d'Aurélia, elle se reconnaît dans le portrait de ses aïeules signadore et mazzere. Telle « la fée des légendes », elle fait entendre sa voix de douceur et son cri.
S'il existe d'incontestables affinités entre les romantiques allemands et l'univers onirique de Francesca Weber Zucconi, notre poétesse se place résolument sous le signe solaire d'Hölderlin et de son paradoxal voyage : « Le vent qui t'éloigne de chez toi t'en rapprochera ». L'Ailleurs hante l'Ici. L'Ici rêve de l'Ailleurs.
Au terme d'un voyage fantasmagorique et immobile sur le ruban enchanté de Möbius, le Lointain a réintégré l'Ici, l'Instant, l'Etemité.