Jean-Jacques Rousseau, l'Homme comme projet inachevé

Jean-Jacques Rousseau incarne la mauvaise conscience des
Lumières : là où ses contemporains voient une logique du progrès,
il s'inquiète des conséquences de la technique et de toutes les
formes politiques inégalitaires. Il plaide pour un monde sans
«surnuméraires». Mais n'est-il que cette mauvaise conscience ?
Il y a chez lui une volonté d'émanciper l'humanité, une volonté
de retrouver «l'homme de l'homme» qui se déploie dans une
philosophie politique et éducative. Un concept clé structure
sa réflexion : celui de perfectibilité. Notre capacité à progresser
n'est-elle pas, aujourd'hui, à interroger de façon critique afin
d'en méditer les limites et les insuffisances ?
La pensée de Rousseau a été l'objet lors de cette année 2012
de discussions vives et passionnées car elle demeure dans ses
méandres et ses contradictions celle qui nous interroge sur les
valeurs de notre modernité. Les textes de cet ouvrage tentent
d'en saisir les contours à travers les oeuvres du promeneur du
vallon des Charmettes.