La politique culturelle de la France en Algérie : les objectifs et les limites (1830-1962)

La France, en tant que puissance culturelle de premier plan,
a toujours su utiliser son patrimoine pour soutenir son
rayonnement à l'étranger et, donc, servir ses intérêts politiques.
Ce phénomène, reconnu et de plus en plus étudié dans le
contexte de la politique étrangère ou de la coopération
internationale, demeure beaucoup plus problèmatique
lorsqu'on aborde l'histoire délicate de la colonisation.
Par le biais d'un survol de la vie culturelle très riche de
l'Algérie française dans ses contextes politiques successifs
(assimilation, association ou intégration), cette étude tente de
faire apparaître un parallélisme entre les actions culturelles,
publiques et privées, et une volonté politique dont elles
dépendaient quelquefois directement ou qu'elles servaient,
souvent involontairement.
Sans pour autant porter un jugement de valeur sur la
politique française elle tente de mettre en lumière l'existence,
dans l'Algérie française, d'une composante classique de la
politique étrangère de la France dans le monde depuis le siècle
des Lumières, à savoir l'utilisation de sa culture pour accentuer
son influence et servir, à plus long terme, ses intérêts politiques.