L'année du rugby 2003

La planète ovale a rarement été aussi animée que tout au long de cette approche d'une cinquième Coupe du
monde. Les meilleurs se sont défiés et, à ce jeu de la force et de l'intelligence, les Anglais de Clive Woodward
ont confirmé leur supériorité. Ils ont remporté le Tournoi des Six Nations par le même chemin que les Français
avaient emprunté un an auparavant, celui du Grand Chelem. Le quinze de France, qui avait bien débuté en
dominant les Sud-Africains et en faisant jeu égal avec les Néo-Zélandais, ne put renouveler l'exploit. Comme s'il
lui était interdit, sous la haute surveillance de ses adversaires, de reproduire ses combinaisons qui avaient
emballé le Stade de France contre les Anglais et les Irlandais. Les mêmes surent le recevoir avec tous les égards,
le devancer, se relancer.
La présente édition de l'Année du rugby est fidèle à cette saison rebondissante, haute en couleur, en douleurs. Elle
restitue l'intensité et les beautés de ce jeu dans le ciel des touches, au coeur des mêlées, au large des percées.
Elle s'attache au beau destin de Fabien Galthié qui en terminait. Elle s'ouvre sur la généreuse préface d'un de
ses leaders, l'exemplaire talonneur Raphaël Ibañez. Elle montre combien est belle la jeunesse des Frédéric
Michalak, Clément Poitrenaud, Aurélien Rougerie, Vincent Clerc et Xavier Garbajosa, combien fut grand le
combat de Thomas Castaignède pour revenir au premier plan.
La Coupe d'Europe est l'un des morceaux de bravoure de cette Année du rugby avec sa finale inédite entre deux
équipes d'un même pays, deux équipes françaises : la meilleure pour l'ensemble de son oeuvre, le Stade
toulousain, et la plus surprenante pour la qualité de son parcours, celle des Catalans de l'USA Perpignan. Elle
colle à l'ambition des Toulousains qui, après deux titres européens (1996, 2003), essayèrent de réussir, la même
année, le doublé Coupe d'Europe-Championnat. Mais l'équipe entraînée par Guy Novès, après onze victoires
en finale depuis 1991, Europe et France confondues, ne put accéder à un nouveau bouclier. Ce fut le triomphe
du Stade français, l'équipe animée par Diego Dominguez et Fabien Galthié, à l'issue d'une finale de feu, la
troisième gagnée par les Parisiens dans le Stade de France depuis 1998.
Telle est l'Année du rugby , trente et unième du nom, pleine des bruits et des ferveurs de ce jeu, de son esprit.
La chaleur des mots, l'éclat des photos, un regard, un ton, tout ce qui lui donne le charme particulier d'une oeuvre
de tradition, d'une collection d'exception.