La Suisse et ses chômeurs : la politique de la méfiance

La condition des chômeurs ne se réduit pas au malheur personnel.
Elle dépend de pratiques officielles, celles des diverses instances
en charge de leur sort. Leurs rapports avec ces instances sont cruciaux
pour les chômeurs : ils façonnent et révèlent à la fois leur image
sociale.
L'auteur met en évidence, à partir d'un patient travail de terrain,
la logique perverse dont sont victimes en Suisse, les chômeurs.
Il explicite les présupposés négatifs (symbolisés par la hantise
des abus) qui ont marqué de manière décisive la politique du
chômage et ses improvisations dans les années 90.
La culpabilisation inscrite au coeur des pratiques des instances fait
des chômeurs des citoyens de seconde zone, soumis à une discipline
contraignante qui s'écarte des normes communes. Manière fort
traditionnelle de réaffirmer que, pour les plus démunis du moins,
le non-travail est une violation de l'ordre social.
Imputer la faute à ceux qui sont privés d'emploi, plutôt que s'interroger
sur le fonctionnement de l'économie, c'est nier les fondements
socio-historiques de l'assurance-chômage. Ne serait-ce pas également
l'obscur désir de rappeler aux travailleurs en place qu'il convient
de rester soumis ?
Avec son parti pris de lisibilité, qui n'exclut pas la rigueur d'analyse,
ce livre intéressera tous ceux qui, directement ou indirectement,
sont concernés par la question du chômage.
Sociologue, Blaise Duvanel à fait ses études à Paris, Neuchâtel
et York. Licences en philosophie, économie et sciences sociales.
Parcours de chercheur et d'enseignant, principalement à l'Institut
d'études sociales de Genève.
Marié, deux enfants, quatre petits-enfants.