Littérature et nation, n° 31. Polychronie de la traduction : temps de l'écriture, temps de la traduction : actes du colloque des 28-29 novembre 2002

L'étude de la traduction s'est constituée dans la dernière moitié du
XX<sup>e</sup> siècle en un domaine de recherche autonome qui traite à la
fois de sa pratique, de sa théorie et aussi, plus récemment, de son
histoire. Les traductions sont désormais questionnées comme les
témoins majeurs d'une culture et d'une pensée. C'est la perspective
adoptée dans ce volume. Le cadre historique en est vaste, de
l'adaptation en langue germanique d'un roman français de la fin du
XII<sup>e</sup> siècle aux traductions françaises de textes de fiction à l'orée
du XXI<sup>e</sup> siècle. Le territoire est en revanche essentiellement restreint
au champ des langues française et allemande, mais les textes
étudiés dans cet espace offrent une grande variété : les traductions
concernent la littérature, la philosophie, les sciences naturelles et
linguistiques. Le présent ouvrage procède d'une démarche à la fois
transhistorique et transdisciplinaire.
Les contributions réunies posent la question d'une distorsion potentielle
entre «temps de l'écriture» et «temps de la traduction».
Entre les cultures nationales, il n'y a ni parallélisme ni échanges
harmonieux. Les diversités de destinée et de tradition font que les
traductions reflètent ou modèlent les oppositions, voire les conflits
entre les peuples tout autant que leur mutuelle curiosité.