Les avatars du Père Fouettard

Le Père Fouettard prit le bambin et observa la vilaine plaie
que le gang des rouquines venait de faire. Ces gamines
méritaient une sérieuse correction, mais avant de passer à
l'acte, il était urgent de se livrer à quelques pratiques magiques
dont il avait le secret pour arrêter le sang et faire disparaître
cette monstrueuse entaille.
Il n'était autorisé à faire appel à ce type d'exercices que dans des
cas d'extrême urgence, et il jugea que la situation s'y prêtait admirablement.
Trop peu souvent à son goût, il pouvait s'offrir ce luxe,
aussi lorsque l'occasion se présentait, il ne se faisait pas prier.
Il se concentra sur la blessure, y posa sa main et prononça la
phrase rituelle : «Alabawana Tamawalpa Gativa, Sïnpréwé
Alounba ! Sïnpréwé Atika !» Une sorte de nuage, crépitant de
petits éclairs multicolores, entoura sa main. Le Père Fouettard
répéta la phrase rituelle, le sang fut alors progressivement
absorbé par le «nuage», et l'affreuse coupure se rétracta sur
elle-même, avant de disparaître totalement.
En quelques secondes, le «nuage» se dissipa, le Père Fouettard
retira sa main du ventre du bambin et regarda avec bonheur la
belle peau de bébé bien lisse qui venait de remplacer l'abomination
commise par les fillettes.
Il caressa le ventre du bébé pour s'assurer que tout était parfaitement
rentré dans l'ordre.
Trop accaparé par sa besogne, il ne s'inquiéta pas de la petite
douleur qu'il venait de ressentir sur la fesse gauche.
Avec beaucoup de calme et de détermination, Stéphanie venait
de lui administrer une piqûre anesthésiante.
Un malheureux incident de parcours fait basculer la vie
du Père Fouettard. Tout, autour de lui, tourne soudain au
cauchemar, l'entraînant dans de terribles et dangereuses
mésaventures...
Deux cents pages de frissons, de suspens, de rebondissements
et même d'amour... Un récit surprenant et vif,
avec en prime une petite pointe d'humour. Un régal !