Vingtième siècle, n° 98. L'ombre portée de Mai 68

Vingtième Siècle. Revue d'histoire n° 98 avril-juin 2008
L'ombre portée de Mai 68
Une « ombre portée », nous dit Littré, c'est « toute ombre qu'un corps projette sur une surface et l'imitation qu'on en fait dans un dessin ». Le « corps », ici, c'est l'événement de Mai 68 lui-même, dans sa polyphonie et sa cacophonie, ses promesses et ses échecs. La « surface » ? La société française depuis 1968. Mais aussi une France prise sous l'effet, antérieur aux « événements » eux-mêmes, de ces « sixties », si vivaces en mémoire aujourd'hui. L'« imitation » ? C'est le souvenir, médiocre ou exalté, la reconnaissance difficile ou la célébration à tout hasard d'un Mai toujours jalousement évoqué. Le « dessin » ? C'est le travail de l'historien. Celui-ci porte, dans ce dossier, sur la jeunesse, la politique et le travail ; la dérision, la presse, le corps et la culture ; la génération, enfin : autant de marques et de traces, remises en situation historique.