Les graines de paradis

Au début du XIX<sup>e</sup> siècle, l'arrivée d'esclaves affranchis et de
prédicateurs chrétiens de la lointaine Amérique avec le projet de
relever les murs de Jérusalem sur la Côte des Graines, transforme
en enfer l'existence des autochtones désignés avec mépris de
natives.
Daniel Henriot conte ici les tribulations d'un esclave affranchi, roi
fou que son idéalisme condamne à une errance éternelle, et de
son ennemi juré, le sorcier Loma, à qui son don divinatoire
permet de clamer la fin de l'histoire :
«Ce sera le temps infini des cris et des sanglots. Les graines de
paradis, délaissées par l'occupant assoiffé d'or, produiront des
fleurs de violence et de meurtre. Tout cela, je vous le dis encore,
s'accomplira.»
L'autopsie de la lutte, tour à tour larvée et atroce, qui ravagea le
Libéria durant près de deux siècles est une parabole sur l'incessant
combat qui oppose la Tradition au Progrès, avec l'alibi d'une
modernité qui avance sous le masque sanglant du profit. Une
fable alors ? Est-ce si sûr, tant la réalité excelle à dépasser la fiction.