Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Les politiques éducatives (les réformes des dispositifs et des curricula , les propositions
méthodologiques) ne cachent pas leur inspiration néo-libérale. L'école
et l'université sont désormais sommées d'intérioriser les valeurs du marché, de
sorte que l'entreprise peut apparaître aujourd'hui (après la religion et l'État)
comme une source nouvelle de valeurs éducatives. L'idéologie néo-libérale semble
porteuse d'un bon sens difficilement critiquable et sans alternatives possibles.
Comment refuser une saine gestion, une évaluation au mérite ? Peut-on ignorer
la relation entre formation et emploi ? Peut-on vouloir enseigner des savoirs
parfaitement inutiles ? Par quelles ruptures historiques (idéologiques, politiques,
économiques) en sommes-nous arrivés là ? De quelles ambiguïtés les nouvelles
orientations pédagogiques sont-elles porteuses ? Le néo-libéralisme dessine-t-il
un monde unidimensionnel ou permet-il au contraire une multiplicité de jeux de
langages dans un monde ouvert ? Quelles pourraient être les conditions d'une
posture critique qui ne soit ni nostalgique ni utopique ?
Autant de questions auxquelles cet ouvrage tente d'apporter des réponses.