Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977)

Dans la décennie suivant les événements de 68, un renouveau
du féminisme prend son essor au niveau international.
L'onde de choc, partie des États-Unis, atteint progressivement
toute l'Europe. Partout, les jeunes féministes
affichent leur radicalité et marquent une rupture avec la
première vague féministe qui s'était battue pour l'égalité
des droits et l'amélioration de la condition des femmes : le
nouveau mouvement réclame la libération des femmes et
appelle au renversement de la société patriarcale.
À maints égards, le Mouvement de Libération des Femmes
revient sur la notion de «révolution sexuelle» instrumentalisée
par les hommes de la Nouvelle Gauche étudiante,
et ainsi détournée du sens que lui avaient donné des
auteurs tels que Wilhelm Reich et Herbert Marcuse.
Il apparaît ainsi que, loin de découler naturellement de 68,
le MLF s'était formé dans un rapport conflictuel avec ce
moment de contestation qui se refusait à relayer ses luttes,
systématiquement considérées comme subalternes.
Le MLF s'est donc affirmé à travers une double dénonciation
: non seulement les mouvements de 68 n'avaient pas
libéré les femmes, mais ils avaient même contribué à renforcer
leur oppression.