Le cri des Africains : regards sur la rhétorique abolitionniste. Histoire du commerce homicide appelé Traite des noirs (1822). Lettre sur l'esclavage africain : 1888

Le cri des Africains : regards sur la rhétorique abolitionniste. Histoire du commerce homicide appelé Traite des noirs (1822). Lettre sur l'esclavage africain : 1888

Le cri des Africains : regards sur la rhétorique abolitionniste. Histoire du commerce homicide appelé Traite des noirs (1822). Lettre sur l'esclavage africain : 1888
Éditeur: Manucius
2009154 pagesISBN 9782845780835
Format: BrochéLangue : Français

À partir de la seconde moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle, pour la première fois

dans l'histoire de l'humanité, des hommes et des femmes ont commencé à

militer en faveur, non pas seulement d'une réforme ou d'une amélioration

du système esclavagiste, mais de sa suppression totale et définitive. Le mouvement

abolitionniste qui s'est alors peu à peu constitué, en Europe et aux

Amériques, constitue ainsi le premier exemple de combat international en

faveur de ce que nous appelons aujourd'hui les droits de l'Homme.

Une telle transformation a évidemment suscité nombre d'interrogations

et d'études. Mais celles-ci ont longtemps été principalement consacrées à

la recherche de la cause ou du facteur essentiel susceptible de l'expliquer,

en plaquant souvent sur le passé des grilles de lecture suscitées par les querelles

du présent. Aussi paradoxal que cela puisse paraître on s'est donc

très peu attelé à l'étude des textes écrits par les abolitionnistes eux-mêmes,

sauf au détour de quelques citations, souvent extraites de leur contexte.

Aussi un retour aux sources s'avère-t-il indispensable. Non pas pour essayer

d'expliquer un mouvement si vaste, durable et complexe par un facteur

particulier, mais afin de comprendre comment les abolitionnistes percevaient

le monde et quels sens ils donnaient à leurs actions.

D'où la réédition de deux de ces textes, présentés conjointement par un

historien et un linguiste. Écrits, l'un par un protestant anglais, l'autre par

un catholique français, ils renvoient à des contextes différents : la lutte pour

abolir définitivement la traite atlantique dans le cas du premier, la volonté

de lancer une croisade destinée à l'éradication de la traite et de l'esclavage

en Afrique dans le cas du second. Parce que leurs auteurs ont avant tout

pour objectif de convaincre leurs contemporains, afin de les mobiliser, et

aussi parce que ces deux textes suivent une même démarche apologétique

empreinte du sentiment du péché et de la nécessité d'une rédemption, on a

cependant affaire à une rhétorique souvent comparable. Ce faisant on voit

combien nombre de nos représentations communes et de clichés relatifs à

la traite et à l'esclavage sont nés à cette époque, celle du combat abolitionniste.

On perçoit aussi mieux l'ambiguïté d'un discours qui permit finalement

de vaincre les bastilles négrières et esclavagistes, mais au prix d'un

manichéisme et de la mise en avant d'une culture de la compassion réfractaire

à toute analyse, à toute réflexion, et à toute véritable histoire.

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