Langue, récit, littérature dans l'éducation médicale

Consacré à la formation personnelle du médecin, cet ouvrage parcourt
des thèmes que tout clinicien affronte quotidiennement : expression de
la douleur, représentations du corps, compréhension de la langue médicale,
distance entre le médecin et son malade. La place de la langue, du
récit et de la littérature dans le colloque singulier de la consultation est
d'autant plus importante qu'elle est habituellement négligée.
La formation médicale exige en effet du médecin le contrôle de ses
émotions et la mise entre parenthèses de son histoire personnelle. Cet
oubli de soi est à la fois nécessaire pour agir froidement mais aussi iatrogène,
perturbant l'écoute du patient. Pourtant, aucun médecin n'est
assuré, selon le mot de Georges Canguilhem, «de réussir, le cas échéant,
à substituer ses connaissances à son angoisse».
Les textes ici présentés - venant de Baudelaire, Flaubert, Céline et
Michaux - rappellent au médecin comment sentir et l'incitent à réfléchir
à sa pratique. On termine en conseillant de désapprendre la médecine
telle qu'elle est enseignée généralement, non pour en négliger la dimension
technique, mais pour l'acquérir autrement.