Etudes sur la théorie stoïcienne de l'action

Le vivant est supérieur au non-vivant par deux traits, la représentation et
l'impulsion (Philon d'Alexandrie).
Une représentation n'entraîne pas, en l'absence d'assentiment, une impulsion
pratique (Plutarque).
Il faut que je me promène : c'est seulement quand je me suis dit cela et que j'ai
approuvé cette idée qui est mienne qu'alors je me promène (Sénèque).
La tendance première que possède l'animal vise à se conserver lui-même, parce que
la nature le rend attaché à lui-même dès l'origine (Diogène Laërce).
Si tout arrive par le destin, il s'ensuit bien sûr que tout arrive du fait de causes situées en amont,
cependant non pas du fait de causes principales et complètes, mais du fait de causes auxiliaires et
prochaines. Si ces dernières ne sont pas en notre pouvoir, il ne s'ensuit pas que l'impulsion non plus
ne soit pas en notre pouvoir (Cicéron).
Pour l'être raisonnable, la même action qui est conforme à la nature est aussi conforme à la raison
(Marc Aurèle).
Les principes qui permettent aux stoïciens d'expliquer l'action sont naturels et mettent
en jeu deux domaines : d'une part l'étude des actes ou des états mentaux par lesquels
un animal, et plus particulièrement un animal rationnel, devient agent ; d'autre part
l'inscription de cet agent dans un environnement, du corps qui l'affecte immédiatement
au tout du cosmos. De là vient la délimitation des objets sur lesquels se concentrent
les études du présent ouvrage : les rapports complexes qui unissent les notions
de représentation ((...)), d'impulsion ((...)), d'assentiment ((...)) et de
raison ((...)), et la manière originale dont les stoïciens ont pensé cette inscription de
l'agent dans le monde, à la fois en tant qu'il est un vivant (par la notion d'attachement
à soi) et en tant qu'il est un corps (par la notion de causalité).