Midi à la source : carnets 1990-2011

Midi à la source. Midi, quand la lumière donne toute la
force de sa verticalité. C'est l'instant de la plus grande
chaleur, mais aussi où tout va basculer avant de revenir.
C'est l'heure de Nietzsche, c'est le pays de Pan et
de Périclès. Tandis que la source marque l'intarissable
jaillissement originel. Des vitalités avec lesquelles nul
ne doit renoncer à communier s'il ne veut renoncer à
lui-même. Ce qui n'a rien d'éminemment facile avoue
Bruno Favrit au fil de ces pages : « Il me semble qu'on
écrit un journal pour s'aider à traverser une crise.
Dieux merci, ma vie est une crise. Inadapté, révolté, ou
ce que l'on voudra. Avant cette prise de décision, j'ai
pris des notes sur des dos d'enveloppe, des mini carnets
à spirale, des blocs sténo. S'il fallait tout remettre en
ordre, je manquerais de temps pour affronter la vie. Au
diable l'avarice, au diable de vouloir à tout prix laisser
des traces. Ensuite, on part ailleurs. Et tout pousse à ce
que vous soyez oublié. » La résolution n'a pas été tenue.
Le journal est devenu carnets, qui ont été alimentés au
moins jusqu'en 2011. Tout n'y figure pas, par négligence,
par omission, par choix de consigner ou de ne pas
consigner. Mais ces vingt années d'apprentissage permanent,
d'explorations, de découvertes et de vibrations
apportent un éclairage utile et manifeste sur l'oeuvre et
les choix de vie de leur rédacteur. Le goût de l'errance
et de l'appartenance, de l'air pur des sommets, de la philosophie
et de la littérature, mais aussi la fréquentation
d'éveilleurs, de complices et de compagnons de route
constituent autant d'ingrédients dont le lecteur, devenu
confident, pourra faire son miel.