Charles de Bovelles et son anthropologie philosophique

Aller à la découverte de l'homme et de son humanité aujourd'hui, c'est
traverser de part en part la question de l'humanisme, qui est plus que jamais
une préoccupation sociale, politique, économique et religieuse. À cette question
de l'homme et sur l'homme, Charles de Bovelles (1479-1566), philosophe,
théologien et mathématicien français, apporte des réponses qui ouvrent les
portes d'une anthropologie philosophique sapientielle. En effet, l'humanisme
étant la célébration de la dignité de l'homme, il demeure nécessaire de connaître
qui est cet homme pour en découvrir sa dignité. Et pour Bovelles, il n'y a pas
meilleur lieu de connaissance de l'homme que soi-même. Se découvrir homme
véritable, homme raisonnable, artisan de soi et médiateur, homme du monde
ou homme-monde, homme cultivé, vertueux ou sage, consentant à la divinité et
résistant au néant, c'est entrer dans une lutte pour tenir bon dans cette dignité
humaine. Le «tenir bon dans l'homme», par la connaissance de soi en tant que
moyen d'humanisation, trouve son effectivité au coeur d'une anthropologie de
l'homme debout dans la lutte contre le péché et l'ignorance de soi, au moyen,
non seulement de la philautie, mais aussi de la connaissance de soi en Jésus-Christ.
C'est en Lui, authentique Humaniste de tous les temps, que l'homme se
découvre comme vestige et indice de Dieu qui l'invite à la béatitude.