Entre logique et langage

Linguistique et philosophie logique du langage : deux
traditions de pensée que bien des choses opposent. La
première plutôt mentaliste, est orientée vers l'étude de la
syntaxe ; la seconde, plus préoccupée de sémantique, cherche
volontiers le sens dans les conditions de vérité des phrases.
Ce portrait n'est pas faux, mais incomplet : entre logique
et linguistique, les relations n'ont pas été, ne sont pas, que
d'opposition. Dans cet ouvrage, nous proposons une sorte
d'histoire conceptuelle des interactions fécondes entre ces deux
disciplines au cours du XX<sup>e</sup> siècle. La première partie, consacrée
à la notion de catégorie sémantique et/ou syntaxique, raconte
comment les théories a priori de la signification (Husserl, Frege,
Russell) ont progressivement donné lieu au programme des
grammaires catégorielles, d'inspiration plus descriptive et
empirique.
La deuxième partie traite d'un autre épisode, datant
des années 50-70, et lié à la naissance des grammaires génératives
: celui au cours duquel l'opposition entre l'autonomie de
la syntaxe, thèse avancée par Chomsky, et l'idée de la priorité
conceptuelle de la sémantique, soutenue par des logiciens
comme Montague, vient au premier plan.
Enfin la troisième partie traite des recherches
contemporaines concernant l'étude des expressions indéfinies
et des relations anaphoriques qu'elles soutiennent, thème où se
dessinent des convergences nouvelles entre analyse logique
et linguistique : la compréhension des rapports entre généralité
et référence dans les langages naturels y gagnera certainement
en finesse et en adéquation empirique.