Le cabinet de Pierre-Adrien Pâris : architecte, dessinateur des menus-plaisirs : exposition, Besançon, Musée des beaux-arts et d'archéologiie, 14 novembre 2008-23 février 2009

Architecte, concepteur de décors, archéologue, Pierre-Adrien Pâris (Besançon, 1745-1819)
est avant tout un grand dessinateur. Nommé dès 1778, par Louis XVI, dessinateur de la
Chambre et du Cabinet du roi, autrement dit «des Menus-Plaisirs», il mène une brillante
carrière, aussi bien à la Cour, imaginant les décors des fêtes et des spectacles, qu'à Paris et en
province, réalisant de nombreux décors intérieurs d'hôtels particuliers et des édifices publics.
La Révolution lui fait perdre ses charges royales (dessinateur du Cabinet du roi, architecte
de l'Académie royale de musique, architecte des Économats) et renoncer pour toujours
à son métier d'architecte. Il se réfugie pour treize ans en Normandie.
Séjournant à Rome de 1806 à 1817, il est choisi par Napoléon I<sup>er</sup> pour diriger par intérim
l'Académie de France et pour assurer le transport des «antiquités Borghèse». Il revient
alors à une passion de jeunesse, l'archéologie, en relevant tous les monuments antiques
connus, dont ceux nouvellement dégagés. Malgré lui, il devient un archéologue respecté.
Une autre facette essentielle du personnage retient l'attention : Pierre-Adrien Pâris est aussi
un collectionneur averti de livres, de dessins surtout, de sculptures, de peintures et d'objets
antiques. Retiré à partir de 1817 dans sa ville natale de Besançon, il consacre ses dernières
années à aménager, rue Charles-Nodier, un petit «muséum», qu'il lègue à la Ville. Sa
collection s'est formée, à Paris, d'oeuvres de ses contemporains (Hubert Robert, Jean-Honoré
Fragonard, François Boucher), et, à Rome, d'antiquités et de dessins de pensionnaires du
palais Mancini et de la villa Médicis (Jean-Auguste-Dominique Ingres).
Cette remarquable collection, unique aussi parce qu'elle est restée intacte, fruit de la vie
contrastée de son propriétaire, reflet du goût d'un homme et de celui d'une époque, fait enfin
l'objet d'une vaste rétrospective organisée par le musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de
Besançon et la bibliothèque municipale de Besançon.