Rêver aujourd'hui : Freud et L'interprétation du rêve : actes du colloque des 27 et 28 avril 2007

L'interprétation du rêve, oeuvre fondamentale et incontestée
comme telle, paraît en 1900, non par hasard mais, selon le voeu
de son auteur, résolument ouverte à un progrès scientifique qu'il
conçoit comme déterminant pour le siècle à venir. Les incidences
philosophique, psychologique, sociologique, anthropologique,
politique, artistique, voire théologique, de cette oeuvre maîtresse
seront à ce point majeures qu'il est difficile d'appréhender un
champ de sciences humaines sans s'y référer explicitement ou
implicitement.
Si le propos de Freud n'a pris aucune ride, ses disciples ont
posé une série de questions qui manifestent une ouverture psychanalytique
vers des questionnements induits, mais non explicités,
par son fondateur. Ainsi, alors que le rêve reste déterminant sur le
plan de la cure, la pratique contemporaine atteste d'un dépassement
d'une lecture finie du rêve orientée vers une résolution de
l'énigme (le psychanalyste enquêteur).
L'interprétation des images du rêve engage une polysémie
symbolique. Par là, elle renoue avec des traditions spirituelles
(mystiques, rabbiniques, néo-platoniciennes, etc.), mais aussi, sous
un autre angle, avec l'examen minutieux des structures
langagières. Le rêve en tant que paradigme et mécanisme de
relance de la parole devient le centre de l'attention attendu qu'il
autorise et favorise l'association libre.