Ma mère à toute allure. Le chien dans le side-car

Les mères vivent parfois à toute allure,
pressées de passer de l'hiver à l'été, dans
l'espoir de voir le monde autour d'elles les
surprendre.
Elles manquent sûrement de sérénité, sinon
elles ne fumeraient pas autant ; mais leur
colère, leur impatience envers la lenteur de la
vie retombe, se calme subitement, étrangement,
lorsque arrêtées à un passage à niveau, elles
voient passer un train rempli de vaches qui,
elles aussi, les regardent.
Ce sont des mères imprévisibles ; il leur arrive
de disparaître sans crier gare, comme un chat
parti vagabonder à sa guise. Surgit alors, dans
la place laissée vacante, une jeune femme qui
investit l'espace familial, chamboule toutes les
règles, fait lever un vent de liberté.
De son écriture cinématographique, poétique,
Yû Nagashima restitue le regard, perspicace
et ingénu, que portent des enfants sur leurs
parents. Comme la petite fille de son récit, il
a sûrement croqué dans les friandises de son
enfance pour en rendre ainsi les contours et
les couleurs avec autant de finesse, justesse et
simplicité.