Un détail inutile ? : le dossier des peaux tannées, Vendée, 1794

Des hommes capturés, exécutés, qu'on aurait écorchés avant de procéder
au tannage de leur peau, utilisée pour confectionner des objets ou
relier des livres... Le fait est attesté, durant la Révolution. En décembre
1793, près d'Angers, aux Ponts-de-Cé, des milliers de prisonniers vendéens
sont tués, selon les témoignages recueillis par les représentants
en mission. Quelques-uns citent l'écorchement de 32 hommes sur
ordre d'un officier de santé, Pecquel, qui aurait ensuite fait traiter les
peaux par un tanneur d'Angers.
Bavure isolée ou bien, comme une légende noire le laisse entendre
depuis deux siècles, véritable entreprise d'État ? Des membres du
Comité de salut public sont accusés d'avoir installé à Meudon une tannerie
de peaux humaines, pour en faire des culottes ou pour relier des
exemplaires de la Constitution.
Jean-Clément Martin entreprend ici d'examiner les pièces du dossier,
afin de rendre compte des rumeurs, des accusations et des faits, tels
qu'ils peuvent être recensés dans les années 1793-1799. Mais au-delà,
il inscrit ces éléments dans la perspective plus large de l'histoire de
l'écorchement, supplice ou pratique chirurgicale, voire sociale, repérable
de l'Antiquité à nos jours.