Le système éducatif en Afrique noire : analyse et perspectives

Dans les années soixante déjà, le romancier Hamidou Kane
attirait l'attention des dirigeants africains sur la scolarité de
type occidental mise en place dans les nouveaux États post-coloniaux.
Il lui semblait alors que cette scolarité était, dans
son intentionnalité même, le prolongement d'une stratégie
visant à asseoir définitivement la domination de la
représentation du vainqueur.
Quelle part de son héritage l'Afrique était-elle prête à
sacrifier sur l'autel du nouvel apprentissage, et pour quels
bénéfices ? Telle était la question posée.
S'inspirant de la problématique d'Hamidou Kane, l'auteur
de cet ouvrage entraîne le lecteur dans un tour d'horizon
critique de l'institution scolaire africaine. Les hypothèses
avancées sont les suivantes : l'école africaine est une
«gendarmerie intellectuelle» issue du legs napoléonien ; une
école au service d'un État omnipotent qui vise essentiellement
la docilité ; l'école africaine est aussi le legs d'un christianisme
missionnaire peu respectueux de la culture «païenne» qui
oriente la représentation vers l'ailleurs.
Personne ne niera que la question scolaire soit devenue
cruciale au point de mériter une évaluation, un demi siècle
après les indépendances.
L'école a-t-elle tenu ses promesses ? Ou est-elle
indirectement complice de la mentalité magique de captation
qui consiste à croire que l'Afrique n'est pas faite pour penser
puisque d'autres pensent pour elle ?
La conjoncture décrite par l'auteur, bien que peu reluisante,
n'annihile cependant pas la perspective, pour les Africains, de
produire eux-mêmes les connaissances qui leur sont
nécessaires.