La fille du bâtard

Marius Malaguet, «le bâtard du Bois noir», perd sa femme
dans un accident de voiture. Dévasté, il s'enfonce peu à peu
dans son chagrin jusqu'au jour où il reçoit une lettre, signée
Diane Saint-Just. Ce nom de famille lui rappelle une jeune
femme qu'il a connue lors d'une de ses permissions en septembre
1918, et Diane prétend alors être née en mai 1919,
neuf mois plus tard. Marius part alors à la recherche de
cette fille, sa fille, dans les beaux quartiers de Lyon.
Arrivera-t-il à arracher sa fille aux griffes
d'une famille sans scrupule ?
Il lui sourit, chercha son portefeuille, l'ouvrit et lui tendit
sa carte d'identité, puis sa propre lettre. Elle reconnut la
seconde, lut la première et se mit à sangloter. Il ouvrit
les bras, elle s'y jeta.
- Diane, dit-il d'une voix altérée, ma petite fille.
Elle pleura tout son saoul, puis leva la tête vers lui.
Leurs yeux se ressemblaient. Ils en furent simultanément
conscients : même vert turquoise étonnant, mêmes
cils, même forme. Leur tracé était net chez elle, brouillé
de ridules chez lui. Elle lui trouva une gravité sage. Il
découvrit un visage d'enfant et sa tendresse s'en accrut.
Pourtant, à dix-sept ans... Que savait-il des filles de
dix-sept ans ?