Guerre de la Vendée et des chouans

En ce 1<sup>er</sup> avril 1794, en pleine Terreur, un homme fait face à Robespierre et au
tout-puissant Comité de salut public. C'est Lequinio, un député qui ne leur passe
rien de la «barbarie la plus outrée» alors déchaînée contre la Vendée : depuis les
femmes et les filles de patriotes violées par des soldats de la République, jusqu'aux
nourrissons qu'ils promènent au bout de leurs baïonnettes.
Dans ce même rapport pourtant, Lequinio envisage froidement l'extermination
de ce qui reste de la population vendéenne. Et c'est lui qui a, de sa propre main,
abattu un Vendéen dans la prison de Fontenay, puis y a créé une Commission
militaire particulièrement sanguinaire.
Jean Artarit ne nous offre pas seulement ici la première édition critique de ce
texte fondamental. Il nous dévoile les ressorts intimes d'un homme dont le père a
été jadis tué à coups de pierres par des paysannes. L'extermination de 400 000
personnes, pourquoi pas, ajoute le terroriste dans son livre paru le 22 octobre 1794,
mais alors sans cruauté, avec compassion même, pour éviter «la souillure des
remords»...