Sètchémé

Sètchémè
« Mais au dortoir, l'envie de dormir s'était envolée. [...] Je pensais à toi, Sètché. De qui aurais-je rêvé ? Je me disais que si les choses avaient été conformes à notre rêve, à l'instar de mes autres camarades de peloton qui recevaient leurs petites amies, j'aurais eu le bonheur de te recevoir. Nous serions restés ensemble, bras dessus bras dessous à parler de notre vie future et de nos projets, à échanger de longs baisers ensoleillés. Au lieu de quoi, nous étions séparés par l'océan de la trahison. Sans rien te cacher, Sètché, cette journée dite " porte ouverte " avait été vécue par moi comme une journée à coeur fermé. C'est ce jour-là que commença le compte à rebours de la tragédie [...]
Le pire, vois-tu, c'est que ce temps de la Révolution n'a rien changé : ni à l'égoïsme mesquin de nos concitoyens ni à la rapacité de nos dirigeants autoproclamés, leur terrible inconscience, la politique du ventre. Notre histoire méritait mieux. Qui donc nous sauvera de la nuit des peuples, Sètché ? Quand est-ce que le cristal de la conscience collective éclairera notre chemin ? Quand prendrons-nous véritablement en mains notre destin ? »
Fable, allégorie, histoire d'amour, ce roman pose des questions clés. Mais avant tout, c'est l'histoire bouleversante d'une âme : l'âme secrète de l'héroïne et celle plus intime du narrateur qui, en un tragique accord, confluent vers l'âme d'un peuple.