Littérature féminine francophone d'Afrique noire : suivi d'un dictionnaire des romancières

Les deux dernières décennies marquent le triomphe des œuvres féminines d'Afrique noire qui s'insèrent dans le patrimoine culturel universel. Les romancières sont entrées de plain-pied dans le monde littéraire. Du prix Noma à Mariama Bâ à celui de l'Académie française décerné à Calixthe Beyala, on peut affirmer que la littérature féminine est sortie de l'ombre et ne peut plus être considérée comme une littérature marginale.
Les œuvres des romancières ne se cantonnent plus aux thèmes stéréotypés à savoir : le conflit entre la tradition et le modernisme, la polygamie, la dot, la stérilité, mais elles élargissent le champ littéraire en offrant des œuvres en rapport avec les préoccupations actuelles de leur univers. Ainsi la sexualité, la prostitution, les diverses formes de violences, les conflits armés, l'émigration et une remise en question de coutumes désuètes telles l'excision ou mutilations génitales deviennent des sources d'inspiration et des sujets de réflexion dans les parutions récentes.
Leurs œuvres illustrent les tendances actuelles de la littérature féminine francophone. Le féminisme tant décrié se métamorphose sous la plume des romancières en une arme efficace qui attise le désir de changement des mentalités dans un sens positif. Les écrivains-femmes prônent à travers leurs héroïnes le développement d'un féminisme africain pétri de valeurs hétérosexuelles, pronataliste et soucieux de contingences matérielles. Les protagonistes aspirent toutes à pouvoir s'épanouir dans une société libre où l'esprit de complémentarité supplante celui d'égalité. Le nombre croissant de romancières qui pose ainsi les jalons d'un féminisme africain incite à dresser un premier bilan en élaborant un dictionnaire des œuvres parues de la veille des Indépendances à l'orée du second millénaire.