La Fayette

Sa statue trône à Washington et à New York. Il est, depuis
2002, l'un des six étrangers honorés du titre de «citoyen
d'honneur des États-Unis». L'Amérique l'a célébré jusqu'à
faire flotter son drapeau sur sa tombe ; la France l'a souvent, et
injustement, négligé. Pourtant, Gilbert du Motier, marquis de
La Fayette (1757-1834), a profondément infléchi les destinées
françaises. Ce jeune officier de bonne famille, en volant au secours
des Insurgés américains a contribué, plus que tout autre, à
l'indépendance des États-Unis. Héros de la liberté des Deux
Mondes, il fut en 1789 le chef de file de l'aristocratie libérale, l'un
des chefs militaires de la Révolution et, un temps, l'arbitre du sort
de la monarchie. Il vota en 1815 la déchéance de Napoléon, pour
mieux s'opposer aux Bourbons restaurés. En 1830, couronnement
de sa carrière, il déclina le pouvoir pour offrir à Louis-Philippe
la cocarde et le trône. Ses ennemis comme ses amis, ont raillé son
amour de la gloire, déploré sa faiblesse dans la décision, dénoncé
son ambition tribunicienne ; ils oubliaient un peu vite son amour
de la liberté, ses luttes contre la tyrannie. Il a incarné le dernier, des
champs de bataille d'Amérique aux barricades parisiennes de 1830,
l'idéalisme des Lumières.