Le virus B : crise financière et mathématiques

La crise financière était-elle prévisible ? Le présent essai démontre
qu'au-delà des explications habituelles sur les abus du capitalisme et
le comportement avide des spéculateurs, la débâcle des subprimes
est aussi et surtout une crise de la connaissance. Elle est due à l'hégémonie
d'une conception mathématique qui suppose que les marchés se comportent
selon les lois du mouvement brownien, et les fait apparaître comme plus
réguliers qu'ils ne le sont. Depuis un demi-siècle, le «virus brownien» - que
l'on nomme ici «virus B» à l'heure où sévit la redoutable «grippe A» - a
contaminé les esprits et entraîné une perception faussée des risques
financiers. Seule antidote : remplacer le «hasard sage» brownien par un
«hasard sauvage», plus proche des aléas réels des marchés.