L'université Lyon 2 : 1973-2004

L'université Lumière Lyon 2 est née deux fois.
À la suite des événements de mai 1968
qui ont diversement affecté les différentes
disciplines de l'université de Lyon, une première
université Lyon 2 (faisant le pendant de l'université
scientifique et médicale Lyon 1) et regroupant le
droit, les lettres et les sciences humaines est constituée
en décembre 1969. En juillet 1973, deux nouvelles
universités sont érigées - Lyon 2 et Lyon 3 -
qui doivent se partager les locaux, les personnels
enseignants et administratifs, techniques et de service,
les enseignements et les diplômes délivrés.
Le choix des enseignants fait de l'université Lyon 2
un établissement qui se consacre majoritairement
aux lettres et aux sciences humaines et minoritairement
au droit. Très vite, le nombre des étudiants
d'origines sociales et géographiques variées s'y
accroît de manière considérable (10 614 étudiants
en 1973-1974 ; 20514 en 1991-1992), ce qui ne laisse
pas de poser nombre de problèmes résolus après
de nombreuses crises et l'utilisation de palliatifs
et de politiques divers. Au bout du compte, les personnels,
les budgets, les locaux et les diplômes
préparés croissent et se diversifient.
L'histoire de Lyon 2 ne se résume cependant pas
à cette croissance. L'université a été marquée par
les hommes qui l'ont faite en rédigeant ses statuts
et en la présidant. Ses statuts, par quatre fois imposés
par la loi, mais élaborés démocratiquement,
utilisent toujours des formules permettant à tous
les tenants de l'université de participer à sa vie,
ouvrant l'institution vers l'extérieur, la dotant de
nouvelles missions tout en accentuant la centralisation.
Ils révèlent sa culture qui dépasse l'orientation
politique «de gauche» qu'on lui a souvent attribuée.
C'est avant tout la volonté de débattre, d'enseigner
autrement à tous les publics, de chercher ensemble,
de partager des valeurs communes et la fierté d'appartenir
à Lyon 2. Cette culture a cependant connu
des limites, particulièrement lors des crises négationnistes,
et s'érode aujourd'hui avec le départ
des fondateurs et les nouvelles conditions de la vie
étudiante et enseignante.